L’ours : les raisons de la colère

Témoignage, 2006, Cairn.

Violaine Bérot - L'ours : les raisons de la colère - Cairn

Extraits de critiques :

« C’est que la question de l’ours ne concerne pas la survie d’une espèce : elle relève essentiellement du destin de trois vallées. En effet, derrière ce dossier déjà passablement compliqué se cachent d’autres enjeux […].
Mais surtout, il y a le malaise d’une agriculture de montagne en désarroi et d’un monde paysan en déroute, comme le décrit avec passion la chevrière Violaine Bérot, qui a abandonné son métier d’informaticienne pour revenir vivre dans les montagnes.
En réalité, l’affaire de l’ours ne représente rien moins que la question de la maîtrise du destin de toute une région. Un destin que ses habitants veulent pouvoir orienter, et non seulement subir. »
Agriculture & Environnement – Gil Rivière-Wekstein – mars 2008.

Les premières lignes :

« Vendredi 28 avril 2006, fin d’après-midi. Ariège.
Je viens de passer plusieurs heures en forêt avec les chèvres. Elles ruminent tranquillement, rassasiées. A l’altitude à laquelle je vis, c’est déjà la belle saison pour les bêtes. J’apprends la nouvelle en rentrant : contrairement à la rumeur officielle qui l’annonçait à Luchon, la deuxième ourse slovène a été discrètement lâchée ce matin sur la montagne de Bagnères-de-Bigorre.
La Haute-Bigorre c’est mon pays. J’y suis née. J’y ai mes racines. J’appelle immédiatement au téléphone mon père qui vit toujours là-bas. Il me dit seulement : « Et tu sais où ils l’ont lâchée ? A l’Aya ! »
A l’Aya…
A l’Aya, l’estive où mon grand-père enfant passait les nuits, seul avec les vaches. L’estive de mon pépé, à l’âge où les gamins d’aujourd’hui partent à la mer ou en colonie. L’estive des longues nuits tout seul à attendre que le jour revienne et que s’arrêtent les bruits qui font peur. L’estive du temps où les enfants faisaient des métiers d’hommes parce que les hommes avaient du travail dans la vallée.
Mon grand-père. Enfant. Seul la nuit pour défendre ses bêtes. »

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