Biographie

Je suis née en 1967 au fond d’une vallée pyrénéenne. Ensuite il y a eu les études, la ville, une belle situation – informatique, aéroports et voitures de location, parfaite jeune cadre dynamique…

A 30 ans, j’ai tout lâché. Me trouvais ridicule dans cette vie-là. Suis retournée vivre au plein cœur des Pyrénées. Loin. Adossée aux arbres, avec la montagne en plein regard.

Par chez moi, on sait peu que j’écris, on l’oublie, ça n’importe pas. Écrire ne ressemble pas à un travail. Le seul métier que l’on me reconnaisse dans ma vallée, est celui d’éleveur. On ne fait pas appel à moi pour parler littérature mais lorsqu’une mise-bas est difficile, ou parce que mes mains savent traire et qu’il faut remplacer quelqu’un. Pour les gens de mon pays, que j’écrive n’est pas gênant, c’est seulement comme superflu.

J’écris pourtant. En-dehors du travail des bêtes, je crois même ne faire presque que cela. Quand je n’ai pas l’air d’écrire, j’écris encore. Je lis au soleil, et c’est pour écrire. Je marche des heures durant, et c’est encore écrire. Je ne dors pas la nuit mais c’est toujours écrire. Parfois je m’assieds à ma table, il ne me faut presque rien, un stylo, un papier – et puis, oui, une chose encore, cela surtout : me refermer très fort sur moi. Écrire c’est me retrouver seule, intensément.

Violaine Bérot – été 2016